jeudi 23 décembre 2010

Vientiane


Escale à Phnom Penh

Direction le Laos et plus précisément sa capitale, Vientiane !



Terre d'eau et de rizières

























Depuis le ciel cambodgien





























Une des innombrables statues du Vat Si Saket

Il s'agit de la capitale la plus paisible d'Asie et une des plus tranquilles du monde, mais la croissance économique lente mais en marche depuis peu pourrait bien changer la donne.

Au cœur de la plaine alluviale du Mékong Vientiane se prononce "vieng-tchiane". "Vieng" veut dire "ville" en lao et "tchiane" est la prononciation lao du mot sanskrit "chandana" qui est le "bois de santal". Vientiane signifie donc "ville du santal".
Ce sont les français qui lui ont donné son nom dans sa transcription moderne.

La cité compte environ 800 000 habitants.






Lové sur la rive d'un des innombrables méandre du Mékong, les lao s'installèrent avant l'an 1000 dans cette région fertile. Le Royaume de Vientiane perdit son indépendance plusieurs fois au profit des vietnamiens, des birmans, des siamois et des khmers.
Vientiane devint capitale du royaume de Lan Xang au milieu du 16ème siècle, puis le resta sous la domination française et l'est encore aujourd'hui sous le régime communiste.


Le Laos s'ouvre peu à peu au monde et c'est dans sa capitale que les changements interviennent en premier.

Les quartiers qui bordent le Mékong sont plein de charme avec des boulevards arborés et des dizaines de temples. Les bâtiments sont les témoins d'influences architecturales diverses : lao, thaï, chinoise, vietnamienne, française, américaine et soviétique à cause de son passé tumultueux.



Le quartier central de la meuang de Chanthabuli abrite les administrations, hôtels, restos et temples anciens. Les bâtiments administratifs massifs sont inspirés du réalisme socialiste.

Il n'existe aucun plan définitif officiel de la ville. On trouve des plans touristiques publicitaires, mais l'échelle a une précision douteuse.

La ville vient de fêter ses 450 ans de statut de capitale le mois dernier. Mais avant cette date à laquelle elle fut aussi fortifiée, la petite ville s'appelait Muang et prospérait ainsi depuis le 10ème siècle. C'est ainsi vers 1560, que le roi Setthathirat transfère la capitale de Luang Prabang à Vientiane.


La seule capitale asiatique pas encore trop bétonnée nous paraît paisible, presque encore endormie, ce qui tranche radicalement avec les autres capitales de cette partie du monde. Et pourtant la ville a bien changé ces dernières années.






Les sites à visiter se concentrent dans un périmètre assez restreint. La vieille ville n'est pas étendu car Vientiane a connu un développement assez récent.
Le vélo est le meilleur moyen pour visiter la ville où la circulation des 4 et 2 roues à moteur n'est pas encore trop dense et les distances sont plutôt courtes. Mais si on a de bonnes jambes, les déplacements se font aisément à pied.


Danse et chant traditionnels dans un resto du centre de la ville


Un bâtiment administratif



Vientiane est aussi appelée "ville de la lune", lové dans un méandre du Mékong formant un croissant de lune.











Sisaket signifie "le cheveu sur la tête"

Première étape de cette journée consacré à la capitale du Laos : le Vat Si Saket.

Situé dans un jardin paisible au centre de la ville, c'est le plus vieux temple encore debout à Vientiane.
Il fut construit dans le style ancien de Bangkok par le roi Anouvong qui fut élevé à la cour siamoise et demeura un temps allié du Siam.










Cette ressemblance architecturale avec les temple de leur royaume conduit les siamois à épargner ce monument lors de la répression de la rébellion d'Anouvong au milieu du 19ème siècle, alors que beaucoup de temples de la ville furent détruits.



Les français participèrent à la restauration de l'édifice au début du 20ème siècle.

Malgré cette influence siamoise, le temple présente une certaine spécificité.






Le bâtiment est ceinturé d'une muraille de défense formant un cloître, comme pour le Pha That Luang. Les murs internes sont criblés de petites niches garnies d'environ 2 000 bouddhas, couchés ou assis, de tailles et de matières différentes (argent, bois, pierre ou bronze), généralement sculptés ou moulés dans le plus pur style lao. La plupart de ces statuettes furent fabriquées ici entre le 16ème (en bronze) et le 19ème siècle (en pierre ou en argent). D'autres plus anciennes viennent de Luang Prabang.































Dans un coin du cloître s'entassent des bouddhas cassés ou partiellement fondus dont certains datent de la guerre lao-siamoise de 1828.

Entouré d'une galerie à colonnes dans le style de Bangkok, le sim (salle d'ordination) est surmonté d'un toit à cinq pans. A l'intérieur, les murs sont creusés de centaines de niches accueillant un bouddha, similaires à celles du cloître. Le tout est décoré de magnifiques fresques représentant des scènes de vies antérieures du Bouddha (jataka). Certaines parties de ces peintures sont d'origine et date de 1820 environ, d'autres ont été restaurées il y a un siècle.






Les motifs floraux du plafond sont inspirés des temples siamois d'Ayuthaya, qui seraient eux-mêmes influencés par la décoration du château de Versailles.
Au sol, les carreaux en béton à motifs géométriques sont typiques de l'époque du protectorat.
Au fond du sim se trouve un autel abritant plusieurs images du Bouddha, ce qui porte la statuaire du Vat Si Saket à 6840 pièces.


























Sous la véranda extérieure, à l'arrière du sim, se déroule une gouttière en bois longue de 5 m et sculptée en forme de naga (dieu serpent). C'est la háang song nam pha (rampe d'aspersion des statues), qui est utilisée le jour du nouvel an lao pour la cérémonie de purification des effigies de Bouddha. Ces gouttières recueillent l'eau lustrale avec laquelle les statues sont arrosées.


























A l'extrême gauche de l'entrée du cloître, face à Th Lan Xang, s'élève la haw tai (bibliothèque du Tripitaka) au toit de style birman. Il renfermait autrefois des textes sacrés, mais ceux-ci furent transférés à Bangkok.

Les jardins du vat sont parsemés de cocotiers, de bananiers et de manguiers. Des sortes de petits reliquaires en forme de stupa, ou Thaat kaduuk, où sont conservées les cendres des fidèles, bordent les murs.


































A l'arrière du temple se tient un ensemble de maisons de bois entourées de stupas, statues et monuments funéraires (tombes renfermant des urnes).








































Bibliothèque du Tripitaka (ou haw tai)









Le pavillon bibliothèque, dit tripitaka, est doté d'une élégante toiture à 4 pans d'inspiration birmane.





























Vat Phra Keo (orthographié aussi Haw Pha Kaew)

A une centaine de mètres du Vat Si Saket, cet ancien temple royal fut spécialement construit pour accueillir le bouddha d’Émeraude. C'est aujourd'hui un musée d'art religieux.








Selon les laotiens, le temple fut bâti en 1565 sur ordre du roi Setthathirat, qui venait d'hériter du trône du Lan Xang et décida de transférer la capitale de Luang Prabang vers Vientiane. Il apportait avec lui le célèbre bouddha d’Émeraude (appelé Pha Kaew en lao, c'est-à-dire "bouddha-joyau") sculpté dans une sorte de jade. Ce temple était aussi le lieu de culte particulier du roi. A la suite d'un accrochage avec les Lao à la fin du 18ème siècle, les Siamois volèrent le bouddha pour l'installer dans le Vat Phra Kaew de Bangkok. Peu après le temple de Vientiane fut rasé durant la guerre lao-siamoise de 1828.

A noter qu'aujourd'hui que le Bouddha d'Emeraude est resté aux mains de la Thaïlande et est abrité à Bangkok dans une pagode appelée aussi Wat Phra Kéo. C'est encore un sujet de discorde entre les deux pays !






L'édifice fut reconstruit avec l'aide des français vers 1940, conformément aux plan d'origine, d'après leurs dires. Mais l'architecture de ce temple ne ressemble en rien à celle des autres édifices lao du 16ème siècle, mais présente une similitude avec les temples siamois du 19ème. Les véritables plans originaux avaient peut être été perdus.










Ce sont les dimensions du monument qui frappent, les ornements rococo entourant les portes, les fenêtres et le soubassement semblent inachevés. Mais le musée abrite quelques uns des meilleurs exemples de sculptures bouddhiques lao, dont une douzaine sont exposées le long de la véranda extérieure.

Les statues de Bouddhas sont représentées dans différentes positions méditatives.





































A l'intérieur, le sim abrite divers objets royaux sacrés khmers et laotiens, dont un trône doré, des statuettes bouddhiques, quelques stèles khmères et d'autres pièces de collection.
Le sim est entouré d'un beau jardin paysager.


















Voilà un grand moment de notre visite de Vientiane : le Temple Vat That Luang  ທາດຫລວງ

Ce grand reliquaire sacré est le monument national le plus important du Laos.
Ce monument haut de 45 mètres symbolise à la fois la religion bouddhiste et la souveraineté du pays.

C'est ici que réside le chef suprême du bouddhisme laotien.








Son nom officiel complet "Pha Chedi Lokajulamani" signifie "stupa sacré et précieux". L'image du grand stupa apparaît sur le cachet national.
Selon la légende, en 300 av. J-C, des missionnaires venus d'Inde aurait enfermé ici dans un stupa géant un morceau de sternum du Bouddha.

D'après d'autres sources, le monument abriterait un des cheveu du Bouddha et les cendres d'une de ses hanches. Qui dit vrai ? On ne le saura jamais !





D'après des fouilles, on suppose que le site était occupé au milieu au 11ème siècle par un monastère khmer jusqu'au milieu du 16ème.
C'est à cette époque que le roi Setthatirat ordonna la construction du Pha That Luang à l'emplacement de ce temple khmer, lorsque Vientiane devint capitale.






Celui qui est aussi appelé Temple du Grand Stupa est l'emblème de l’ identité du peuple lao


Le monument est entouré d'un cloître aux hautes murailles percées de minuscules fenêtres que le roi Anonvong ajouta au 19ème siècle pour se protéger des envahisseurs.





Chaque niveau du Pha That Luang est orné de motifs architecturaux différents illustrant la doctrine bouddhique de façon codée. Les visiteurs doivent pouvoir en méditer le sens à mesure qu'ils progressent dans l'édifice. La base carrée de 68 m sur 69 m contient 323 siimaa (pierres d'ordination), et sur chacun des 4 côtés, un passage voûté conduit à une haw wai (salle de prière), reliée par un petit escalier qui se prolonge ensuite vers le premier étage.





Ce dernier est un autre carré de 48 m de côté, entouré de 120 pétales de lotus et décoré de 288 siimaa, ainsi que de 30 petits stupas  symbolisant les 30 perfections bouddhiques qui commencent par la charité et s'achèvent par la sérénité.









De nouvelles portes voûtées mènent au niveau suivant carré de 30 m de côté. Le haut du stupa central, dont le centre est en briques, est recouvert de stuc. Il repose sur une base en forme de boule qui rappelle le tout premier reliquaire bouddhique, construit à Sanchi, en Inde. Au sommet débute la structure principale entourée de pétales de lotus.















La flèche curviligne à quatre côtés ressemble à un bourgeon de lotus allongé. Elle symboliserait la croissance d'une graine de lotus germant au fond d'un lac vaseux pour venir former une fleur épanouie à la surface de l'eau, métaphore du passage de l'ignorance à l'illumination par le bouddhisme.










Détruit par les birmans et les siamois au 18ème et pillé de ses trésors le siècle suivant, le reliquaire subit une mauvaise rénovation au ciment par les français en 1900, suivi d'une meilleure dans les années 1930, grâce à de vieilles esquisses du 19ème. Mais lorsqu'on regarde le monument de près, c'est pas fameux !

L'intégralité du monument a été restauré en 1995 à l'occasion du 20ème anniversaire de la République populaire démocratique du Laos. Il est couronné d'une fleur de bananier stylisée surmontée d'une ombrelle.













A l'arrière du Temple du Grand Stupa doré, on marche à travers un ensemble bien joli constitué de statues grandeur nature (voire plus encore) et de temples en activité...


























Aujourd'hui, au Laos, le temple est aussi bien un lieu de culte qu'un lieu de rencontre. Chaque village en possède un, construit avec les dons des fidèles. Le wat est un ensemble architectural complexe centré sur le vihan ou sim qui signifie "sanctuaire" : c'est l'édifice principal. Celui-ci est entouré par des that, c'est-à-dire des stupas à caractère votif ou funéraire. Des autels à offrandes (hos), des chapelles (chedis), des bibliothèques (ho tays), des puits et les logements des moines (koutis) font partie de cet ensemble. Contrairement aux temples thaïlandais, très décorés, les temples laotiens ont des lignes simples et légères, tout en étant raffinés et élégants.





Au Laos, on compte trois principaux styles d'après la forme générale du bâtiment et de la toiture :
- le style de Vientiane : édifice élancé et toiture, composée de plusieurs décrochements successifs, moins importante. Forme compacte. Sanctuaires rectangulaires. Escaliers menant à la porte d'entrée gardés par des nagas, serpents des eaux et des airs censés protéger la ville.
- le style de Luang Prabang : toiture avec plusieurs décrochements étroitement imbriqués les uns dans les autres et tombant presque jusqu'au sol conférant à l'ensemble une beauté toute particulière.
- le style de Xieng Khouang : disparu de la province du même nom. Mais on en trouve à Luang Prabang. Vu de devant le wat a la forme d'un pentagone. Toiture sans décrochement.







L'intérieur d'un des temples utilisés par les moines... c'est somptueux !





Parlement laotien


Le Parlement du Laos est un bâtiment immense qui se tient sur l'esplanade bétonnée, à côté du Wat That Luang.





















Après avoir remonter la plus grande avenue du centre de la capitale, nous marquons un arrêt au pied du Patuxai  ປະຕູໄຊ.


Place de l’Étoile à Paris ?


Vu de loin, cet édifice rappelle l'arc de triomphe parisien. D'ailleurs, son nom officiel en est à peu de chose près l'équivalent : pátuu peut être traduit par porte et xái vient du sanskrit jaya qui signifie "victoire".
A la différence de celui de Paris, on a là quatre piliers d'arches, et non pas deux !










Sous l'arche du Patuxai







Il fut élevé dans les années 1960 avec du ciment américain censé servir à la construction d'un nouvel aéroport. C'est la raison pour laquelle les expatriés l'appelaient aussi "la piste verticale".

En l'examinant de près, on retrouve les caractéristiques lao : bas-reliefs sur les côtés, ornements en haut et le long des corniches. Tout est inspiré de la mythologie laotienne.

C'est un monument commémoratif en l'honneur des victimes des grandes guerres.













Un escalier mène aux deux étages supérieurs, d'où le regard embrasse une vue magnifique sur les "Champs-Élysées" de Vientiane et sur tout le centre-ville.
Des bâtiments gouvernementaux flambant neufs respectent l'architecture traditionnelle du pays.


Cette grande avenue où se tient le Patuxai, est connue sous le nom de rue Th Lan Xang. Elle a été récemment rénovée et fait aujourd'hui la fierté de la ville.









A l'intérieur du Patuxai


Notre promenade urbaine se poursuit à travers de petits parcs où on compte de nombreux détails dépaysants.






















Les jolies toits des temples lao


































Monument funéraire




















Le roi Anouvong régna au début du 19ème.



Nous voilà au bord du fleuve devant la statue du roi Anouvong érigée cette année même ! C'est ce monarque qui a libéré le Laos du royaume de Siam il y a plus d'un siècle de cela...
Du coup, elle peut être vue comme une contestation directe de la suprématie du voisin thaïlandais vers lequel son regard est tourné ou comme un message fort appelant le régime en place à résister aux tentatives de domination des autres puissances comme la Chine.
Il est étonnant que le régime marxiste-léniniste laotien ait choisi un ancien roi (plutôt qu'une icône du communisme ou un héros contemporain) pour incarner sa volonté de renforcer l'image nationale. Peut-être est-ce parce que les Laotiens vénèrent les figures royales et n'honoreraient jamais un homme du peuple.









Appuyant cette volonté d'affirmer son identité, le drapeau lao flotte parmi ceux arborant le marteau et la faucille.












On voit sur les rives, les alluvions transportées par le fleuve. En face, un autre pays ! En effet Vientiane fait face à la Thaïlande et le Mékong fait office de frontière naturelle. L'accès de l'autre côté est rendu possible par le Pont de l'Amitié, financé par la Chine et le Japon. Son ouverture entraîna une modernisation radicale de Vientiane. Le risque encouru est que la capitale tombe dans un développement économique incontrôlé, phénomène courant en Thaïlande dont de nombreuses villes ont été les victimes.









Direction l'aéroport où un sympathique avion à hélice nous attend !













Vue plongeante sur Vientiane et le Mékong depuis l'avion















Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire