| Les nuages bas se dissipent au petit matin dans la vallée du Mékong |
Nous nous préparons pour une excursion sur le fleuve qui va nous prendre une bonne partie de la journée.
Le Mékong est une majestueuse artère nourricière qui irrigue le Laos sur plus de 1800 km.
Notre première étape se trouve non loin de Luang Prabang, sur l'autre rive du Mékong en fait. Le Vat Long Khun
se situe dans le district de Ban Xieng Maen qui rassemblent quelques
temples remarquables. La route qui reliait Luang Prabang aux divers
royaumes du nord de la Thaïlande se terminait ici.
Certaines parties de ce temple remontent au 18ème siècle avec quelques fresques jakata
aux couleurs pâlissantes. Lors des couronnements à Luang Prabang, le
futur roi avait coutume de se retirer pendant trois jours au Vat Long
Khun avant de monter sur le trône.
Un projet de restauration a donner une nouvelle vie aux bâtiments du monastère.
Ce temple fait presque face au Vat Xieng Thong sur l'autre rive dans le centre-ville de Luang Prabang.
On admire un portique joliment décoré datant de 1937. De part et d'autre de la porte se tiennent deux soldats chinois symbolisant les célèbres Pavillons Noirs (des pirates qui ravagèrent la région).
A l'intérieur, les fresques les mieux conservées se trouvent à gauche.
Notre guide nous dit que les locaux ont besoin de fond pour restaurer… c’est sûr que les
peintures ont besoin d’un petit coup de pinceau...
| Les fresques intérieures sont le véritable but de la visite |
De larges bâtisses sont dispersées dans la jungle où des enfants s'amusent. Le chemin menant des rives du Mékong jusqu'à l'ensemble monastique a été rénové par l'UNESCO.
La location d'un bateau à longue queue (longtail boat), longue embarcation à moteur permet de remonter en amont du fleuve jusqu'au grottes de Pak Ou.
Il faut deux heures pour remonter le
Mékong jusqu'à Luang Prabang et seulement une heure pour redescendre
sans compter les arrêts dans les villages.
Mais le trajet n'est pas monotone, le paysage est superbe, le Mékong se faufile ici dans une sorte de "Halong
terrestre".
| Les orpailleuses, image emblématique du Mékong |
Durant la saison sèche, les villageois des environs pagaient jusqu'aux
bancs rocheux et sablonneux au milieu du fleuve et lavent le sable à
l'aide d'énormes batées en bois pour en extraire de l'or.
Les rives du fleuve sont habitées et on peut voir les cultures en étages dévalant la pente entre les maisons et la surface de l'eau.
Des tamis en bambou sont disposés à 1m de l’eau où sèche le poisson
fraîchement pêché.
| En laotien, Mékong est appelé la "Mère des Eaux" |
Le Mékong naît à plus de 2500 km en amont sur les hauteurs de
l’Himalaya tibétain, puis suit sa course en formant des méandres interminables.
On croise tout type d'embarcations, des bateaux à moteur qui vont très vite ou de longues barques qui nécessitent de bons coups de rames.
| Débarcadères et escaliers trahissent la présence de villages cachés dans l’épaisse jungle |
| La première "grotte" est en réalité un trou à la base d'une falaise |
Nous arrivons enfin aux Grottes de Pak Ou à environ 25 km de Luang Prabang.
Ces deux grottes sont creusées au pied de la falaise calcaire face au fleuve.
Ce lieu est aussi appelé grotte au Mille Bouddhas ou grotte de Tam Ting.
On y découvre des
bouddhas de toute taille et de style différent, mais essentiellement
des bouddhas debout du style classique de Luang Prabang.
La plus basse des cavités est éclairée par la lumière du jour. Elle est nommée Tham Ting.
C'est un lieu de pèlerinage qui fut longtemps habité par des ermites.
Dans ses 2 grottes, 300 ans auparavant, les Laotiens ont transférés d'ici des milliers de statues pour éviter la destruction et le pillage lors des invasions.
Dans la pensée du Bouddhisme, tout est impermanence. Les statues posées ici représentent cette pensée.
A chaque occasion, comme le nouvel an ou un évènement familial, les laotiens viennent ici, en pèlerinage ou en privé, déposent une statue et les récupèrent plus tard.
A chaque occasion, comme le nouvel an ou un évènement familial, les laotiens viennent ici, en pèlerinage ou en privé, déposent une statue et les récupèrent plus tard.
Aucun vol n'est commis par les bouddhistes laotiens car les statues ont une
valeur spirituelle, cependant des statuettes sont volées par les thaïlandais qui les ramènent dans leur pays où sévit un important trafic d’œuvres d'art.
La seconde grotte, appelée Tham Phum, est plus profonde et plus obscure.
Elle s'enfonce sur 54 m et nécessite donc une lampe de poche.
A gauche, on voit des vestiges d'un petit aqueduc en bois sculpté qui amenait l'eau pour laver les bouddhas. Au deux bouts se tiennent un cygne et un dragon.
Sur les parois des peintures murales en feuille d'or traversent tant bien que mal les assauts du temps et des vandales.
Dans les anfractuosités ont été placés des milliers de bouddhas (environ 6000) de toute taille.
En face de l'embarcadère menant aux grottes se tient la falaise de Pha Hen, là où la rivière Nam Ou se jette dans le Mékong.
La baignade dans le Mékong est vivement déconseillée, le lit du fleuve étant imprévisible.
Nous déjeunons ensuite sur la rive en face. La localité appartient au village de Pak Ou qui a donné son nom aux célèbres grottes. On se trouve à
l’embouchure de la rivière Nam Ou. Cela va sans dire que la vue depuis la terrasse du restaurant est sublime, mais malheureusement en contre-jour à cette heure de la journée.
Ban Xang Hai est le village le plus
visité sur le parcours, à mi-chemin entre les grottes de Pak Ou et Luang Prabang. Le
nom de la localité signifie "village des potiers". Les poteries étaient
autrefois fabriquées ici, mais elles viennent aujourd'hui d'ailleurs.
| Le temple du village |
La localité compte pas plus qu'une centaine d'habitants.
Non loin des archéologues australiens ont retrouvées des poteries vieilles de 2000 ans.
| Une fillette range son cahier d'école et nous propose de lui acheter un petit truc. |
Des habitantes distillent et vendent leur alcool de riz, appelé lao-lao, qui est la boisson alcoolisé la plus populaire du pays. Sa préparation consiste en la fermentation de riz gluant cuit, mélangé à de la levure et de l'eau, dans de grosses jarres.
On est sous le charme de ce fleuve à l'état sauvage, mais dans les années à venir, ça risque de changer car plusieurs projets de barrages sont en cours d'étude...
On s'arrête dans un village spécialisé dans la confection de papier Saa (papier réalisé avec l’écorce du mûrier). Il s'agit d'une production 100% bio.
| Toute la famille participe à la besogne ! :-) |
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