dimanche 26 décembre 2010

Généralités laotiennes


Vat sisaket à Vientiane

- La population est de 6 millions d'habitants, ce qui en fait le pays le moins peuplé d'Asie,

- Population jeune (44% a moins de 15 ans), la taille moyenne d'une famille est de 6 personnes,

- 68 ethnies différentes, dont celle des Lao Loum est prédominante (70% de la population),

- Un des pays les plus pauvres de la planète,

- Le décalage horaire est de + 6h heures en hiver et (5h en été),

- Nouvelle destination phare d'Asie du Sud-Est,

- Le pays du million d'éléphants comme il est souvent appelé n'en compte désormais qu'environ 2000,

- L'éléphant a été le moyen de transport le plus pratique pour circuler dans les régions montagneuses dépourvues de pistes. A l'heure actuelle, on ne circule plus guère à dos d'éléphant. Ils sont utilisé pour les travaux forestiers ou pour amuser les touristes.




Vientiane
- Le Laos est un des rares pays sans accès à la mer,

- C'est en 1353 que le futur Laos eut son premier roi, Chao Fa Ngum qui nomma son royaume Lan Xang Hom Khao (royaume du million d'éléphants et du parasol blanc). Celui-ci déclina lentement jusqu'au 18ème où il fut pillé par des vagues successives d'envahisseurs (Thaïs, Birmans, Vietnamiens et Chinois). Colonie française à la fin du 19ème pendant plus de 50 ans, le Laos devient un pion dans la guerre froide, puis un champ de bataille secret, mais sanglant durant la guerre américano-vietnamienne. En 1976, le Pathet Lao communiste s'empare du pouvoir, mettant fin à la royauté. Le Laos est aujourd'hui un État socialiste à parti unique.



- Jusqu'au milieu des années 1990, la principale source de devises étrangères du Laos était les taxes payées par les compagnies aériennes pour survoler son espace aérien. L'économie reste très simple et basique (80 % des laotiens travaillent dans l'agriculture), même si les choses évoluent très lentement.

- A l'époque coloniale, les fonctionnaires qui y résidaient adoptaient facilement les mœurs du pays et étaient considérés comme les plus dissolus de l'Empire colonial. On les appelaient alors "les mangeurs de lotus".
Le Laos n'a jamais beaucoup compté aux yeux de la France qui avait conclu que les matières premières qu'il pouvait offrir demandaient un coût trop onéreux pour son extraction et son commerce,

- Depuis 1989 le gouvernement a considérablement assoupli ses mesures restrictives aux postes frontières. Il est aujourd'hui facile d'entrer dans le pays par n'importe lequel de ces postes,





- Un des pays les mieux préservés d'Asie sur le plan écologique et l'un des plus paisibles de la planète. La forêt du pays est majoritairement primaire pour le moment ! Elle est composé d'essences précieuses comme le teck, le palissandre d'Asie (bois de rose).

- Plus de 10% du territoire laotien est officiellement protégé. De vastes surfaces de forêts vierges couvrent les plateaux et les montagnes d'une grande partie du pays. L'absence de pression démographique a heureusement permis à ces hauteurs de conserver une très grande biodiversité. Certaines espèces en voie d'extinction dans des pays voisins ont pu trouver refuge et survivre au Laos qui est devenue le sanctuaire écologique d'Asie du Sud-Est, 


Vat Xieng Thong, Luang Prabang

- Le Laos est un pays pudique. Il faut éviter les shorts et les robes ou jupes. De plus cela empêche de se faire attaquer par les moustiques,

- La discrétion des laotiens nous frappe d'autant plus que nous venons du Vietnam. Cette attitude s'explique par la notion de karma. Dans le bouddhisme theravada, montrer des émotions fortes ne se fait pas et nuit au karma. Or c'est le karma qui détermine notre sort dans les vies futures, et non la dévotion, les prières ou le labeur. Rester maître de soi est donc sage pour s'assurer une réincarnation gratifiante,




Intérieur d'un temple à Vientiane

- Pas de structure médico hospitalière hors de la capitale. Si on a besoin d'une urgence loin de Vientiane, nos heures sont peut être comptées,

- Le paludisme laotien est un des plus est un des plus coriaces du monde,

- Même si la situation sanitaire reste précaire, beaucoup de médecins parlent le français et ont été bien formés voire très bien (certains par des professeurs de la faculté de médecine de Lyon).

- Le mot communisme n'apparaît nulle part dans la Constitution du pays,






- Peu de Thaï parlent lao, mais beaucoup de lao parlent le thaï. Les seules émissions de télé regardables sont importées de Thaïlande,

- Le pays est un des plus gros producteurs d'opium. Dans le nord, la culture du pavot est une importante source de revenu pour les paysans. L'usage de l'opium, ni toléré, ni interdit, est un peu un phénomène culturel en Asie du Sud-Est,

- Course en taxi collectif ou en tuk-tuk coûte de 10 000 à 20 000 kips (1,25 à 2,5 $) par passager,

- "tuk-tuk" se prononce "touk-touk",

- Le bouddhisme est la religion majoritaire et presque officielle. Le bouddhisme Theravâda rassemble environ 65% des laotiens,

- On y croise une quantité impressionnante de moines en robe safran,


Vientiane
- Dès l’aube, des moines bouddhistes vont demander l’aumône au peuple,

- Faire une petite donation dans les pagode est la bienvenue,

- Le marchandage est la règle au Laos. Mais il ne faut pas pinailler pour 500 kips (5 centimes d'euros). Mieux vaut paraître prospère que radin,

- Le pays est très abordable pour les touristes occidentaux, mais la tendance est à la hausse dans les lieux touristiques,

- Le bakchich n'est pas trop de mise au Laos,



 - Certaines maisons sont faites de morceaux de bombes,

- Il faut éviter de se tremper dans les eaux stagnantes ou certaines rivières avec peu de débit, en raison du risque de bilharziose.

- Les pannes de courant électriques sont fréquentes hors des grandes villes,

- Comme au Vietnam, on retrouve les chapeaux coniques,

- On aime particulièrement l'écriture lao !



- La langue officielle est le lao. Celle-ci fait parti des langues thaïe. D'ailleurs laotiens et thaïlandais du sud-est se comprennent très bien.
Tout comme le vietnamien, le lao est une langue tonale... et selon sa prononciation, un même mot peut avoir beaucoup de signification différentes.
Le français est encore parlé, surtout par les anciens qui ont connu la période coloniale et un peu dans l'administration. Mais c'est l'anglais qui se répand maintenant...
Cependant, le français demeure l'unique langue étrangère des bureaux de poste laotiens






Climat :
- de novembre à mars : saison sèche, température pas trop élevées, faible taux d'humidité. Mais les matins sont un peu frais à Luang Prabang et en altitude.
- d'avril à octobre surviennent les moussons et les deux premiers mois de cette période sont les plus chaud de l'année, donc pour les touristes avertis !
- les journées d’hiver typiques au nord du Laos, les matins brumeux dans les vallées après une nuit plutôt fraîche. Les rayons du soleil font ensuite dissiper  les nuages bas… laissant place à un grand ciel bleu,





Gastronomie au Laos :

La nourriture laotienne est proche à la cuisine thaïlandaise, mais se caractérise par l'utilisation d'encore plus d'herbes aromatiques. Le riz gluant cuit à la vapeur est la base de l'alimentation.
Une spécialité fort sympathique est le lap : salade de viande ou de poisson haché, assaisonnée de citron vert et de piment et accompagnée de légumes et de salade verte.

Les laotiens prennent leurs repas généralement assez tôt, surtout le dîner qu'ils prennent en fin d'après-midi.


La bière lao, brassée dans les environs de Vientiane a le monopole













vendredi 24 décembre 2010

Au fil du Mékong


Les nuages bas se dissipent au petit matin dans la vallée du Mékong


Nous nous préparons pour une excursion sur le fleuve qui va nous prendre une bonne partie de la journée.
Le Mékong est une majestueuse artère nourricière qui irrigue le Laos sur plus de 1800 km.



Notre première étape se trouve non loin de Luang Prabang, sur l'autre rive du Mékong en fait. Le Vat Long Khun se situe dans le district de Ban Xieng Maen qui rassemblent quelques temples remarquables. La route qui reliait Luang Prabang aux divers royaumes du nord de la Thaïlande se terminait ici.








Certaines parties de ce temple remontent au 18ème siècle avec quelques fresques jakata aux couleurs pâlissantes. Lors des couronnements à Luang Prabang, le futur roi avait coutume de se retirer pendant trois jours au Vat Long Khun avant de monter sur le trône.
Un projet de restauration a donner une nouvelle vie aux bâtiments du monastère.
Ce temple fait presque face au Vat Xieng Thong sur l'autre rive dans le centre-ville de Luang Prabang.





On admire un portique joliment décoré datant de 1937. De part et d'autre de la porte se tiennent deux soldats chinois symbolisant les célèbres Pavillons Noirs (des pirates qui ravagèrent la région).

A l'intérieur, les fresques les mieux conservées se trouvent à gauche.
Notre guide nous dit que les locaux ont besoin de fond pour restaurer… c’est sûr que les peintures ont besoin d’un petit coup de pinceau...



Les fresques intérieures sont le véritable but de la visite





De larges bâtisses sont dispersées dans la jungle où des enfants s'amusent. Le chemin menant des rives du Mékong jusqu'à l'ensemble monastique a été rénové par l'UNESCO.










La location d'un bateau à longue queue (longtail boat), longue embarcation à moteur permet de remonter en amont du fleuve jusqu'au grottes de Pak Ou.
Il faut deux heures pour remonter le Mékong jusqu'à Luang Prabang et seulement une heure pour redescendre sans compter les arrêts dans les villages.
Mais le trajet n'est pas monotone, le paysage est superbe, le Mékong se faufile ici dans une sorte de "Halong terrestre".





Les orpailleuses, image emblématique du Mékong



Durant la saison sèche, les villageois des environs pagaient jusqu'aux bancs rocheux et sablonneux au milieu du fleuve et lavent le sable à l'aide d'énormes batées en bois pour en extraire de l'or.







Les rives du fleuve sont habitées et on peut voir les cultures en étages dévalant la pente entre les maisons et la surface de l'eau.
Des tamis en bambou sont disposés à 1m de l’eau où sèche le poisson fraîchement pêché.


En laotien, Mékong est appelé la "Mère des Eaux"





Le Mékong naît à plus de 2500 km en amont sur les hauteurs de l’Himalaya tibétain, puis suit sa course en formant des méandres interminables.

On croise tout type d'embarcations, des bateaux à moteur qui vont très vite ou de longues barques qui nécessitent de bons coups de rames.






Débarcadères et escaliers trahissent la présence de villages cachés dans l’épaisse jungle



La première "grotte" est en réalité un trou à la base d'une falaise


Nous arrivons enfin aux Grottes de Pak Ou à environ 25 km de Luang Prabang.
Ces deux grottes sont creusées au pied de la falaise calcaire face au fleuve.










































Ce lieu est aussi appelé grotte au Mille Bouddhas ou grotte de Tam Ting.

On y découvre des bouddhas de toute taille et de style différent, mais essentiellement des bouddhas debout du style classique de Luang Prabang.
La plus basse des cavités est éclairée par la lumière du jour. Elle est nommée Tham Ting.

C'est un lieu de pèlerinage qui fut longtemps habité par des ermites.





Dans ses 2 grottes, 300 ans auparavant, les Laotiens ont transférés d'ici des milliers de statues pour éviter la destruction et le pillage lors des invasions.

Dans la pensée du Bouddhisme, tout est impermanence. Les statues posées ici représentent cette pensée.
A chaque occasion, comme le nouvel an ou un évènement familial, les laotiens viennent ici, en pèlerinage ou en privé, déposent une statue et les récupèrent plus tard. 
Aucun vol n'est commis par les bouddhistes laotiens car les statues ont une valeur spirituelle, cependant des statuettes sont volées par les thaïlandais qui les ramènent dans leur pays où sévit un important trafic d’œuvres d'art.








La seconde grotte, appelée Tham Phum, est plus profonde et plus obscure.

Elle s'enfonce sur 54 m et nécessite donc une lampe de poche.


A gauche, on voit des vestiges d'un petit aqueduc en bois sculpté qui amenait l'eau pour laver les bouddhas. Au deux bouts se tiennent un cygne et un dragon.









Sur les parois des peintures murales en feuille d'or traversent tant bien que mal les assauts du temps et des vandales.


Dans les anfractuosités ont été placés des milliers de bouddhas (environ 6000) de toute taille.









En face de l'embarcadère menant aux grottes se tient la falaise de Pha Hen, là où la rivière Nam Ou se jette dans le Mékong.


La baignade dans le Mékong est vivement déconseillée, le lit du fleuve étant imprévisible.












Nous déjeunons ensuite sur la rive en face. La localité appartient au village de Pak Ou qui a donné son nom aux célèbres grottes. On se trouve à l’embouchure de la rivière Nam Ou. Cela va sans dire que la vue depuis la terrasse du restaurant est sublime, mais malheureusement en contre-jour à cette heure de la journée.












Ban Xang Hai est le village le plus visité sur le parcours, à mi-chemin entre les grottes de Pak Ou et Luang Prabang. Le nom de la localité signifie "village des potiers". Les poteries étaient autrefois fabriquées ici, mais elles viennent aujourd'hui d'ailleurs.





















Le temple du village

La localité compte pas plus qu'une centaine d'habitants.
Non loin des archéologues australiens ont retrouvées des poteries vieilles de 2000 ans.


















Une fillette range son cahier d'école et nous propose de lui acheter un petit truc.


Des habitantes distillent et vendent leur alcool de riz, appelé lao-lao, qui est la boisson alcoolisé la plus populaire du pays. Sa préparation consiste en la fermentation de riz gluant cuit, mélangé à de la levure et de l'eau, dans de grosses jarres.
































On est sous le charme de ce fleuve à l'état sauvage, mais dans les années à venir, ça risque de changer car plusieurs projets de barrages sont en cours d'étude...



On s'arrête dans un village spécialisé dans la confection de papier Saa (papier réalisé avec l’écorce du mûrier). Il s'agit d'une production 100% bio.






Toute la famille participe à la besogne ! :-)